Dépression et travail de deuil. Psychothérapie & Psychanalyse.
La dépression — ou plus précisément la mélancolie — a été profondément explorée par Sigmund Freud, notamment dans son texte Deuil et mélancolie (1917). Il y distingue le deuil normal, où l’objet perdu est peu à peu désinvesti, de la mélancolie, où la perte reste énigmatique. L'être ne sait pas toujours ce qu’il a perdu, mais il en porte le poids dans son corps, sa psyché, son rapport au monde.
La dépression peut alors être comprise non comme une simple baisse d’énergie ou une réponse au stress, mais comme l’effet d’une perte intériorisée, d’un conflit psychique non résolu, d’une parole empêchée. Elle témoigne d’un retournement de l’agressivité contre soi, d’un idéal devenu tyrannique, ou d’une culpabilité sourde.
La psychothérapie et la psychanalyse n’apportent pas de solution immédiate. Elles proposent un espace pour élaborer cette perte, mettre en mots ce qui jusque-là restait figé, silencieux ou crypté. Par le travail de parole, l'être peut peu à peu retrouver une position plus existante avec lui-même, à ses désirs, à ce qui l’anime.
Sortir de la dépression ou se réapproprier ce qui, en soi, était devenu étranger.
Freud, S. (1915). "Deuil et mélancolie", in Oeuvre complètes, Vol. XIII, Paris, Éditions PUF, 2015, pp.261-80.